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Orgue Symphonique


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Le grand-orgue Clicquot de l'Église St-Sulpice s'achève en 1781. L'une des meilleures et dernières réalisations dans le style classique fut destiné à survivre au temps orageux révolutionnaire.

D'autre côté, en 1811 un garçon est né dans une famille facteur d'orgue habité cette époque à Montpellier après des années de réfuge en Espagne. Son grand père, formidable facteur Jean-Pierre était aussi ami de Dom Bédos, l'auteur du traité célèbre : "L'Art du Facteur d'Orgues".
Si on parle de l'instrument de Jean-Pierre, il faut qu'on connaisse son harmonisation, selon la tradition du Midi, beaucoup plus chaleureuse et puissante que les orgues dits "français" de l'époque. Il épouse une barcelonaise, Maria Francesca Coll. D'ici après, les enfants nés entre eux sont à hériter tout les deux nom de leurs parents d'après une coutume espagnole. C'est ainsi que leur enfant Dominique Cavaillé-Coll deviendra future père de notre Aristide (1811-1899).

En 1832 il se met à Toulouse en faisant ses études de mathématiques. Lors de passage de Rossini à cette ville, à la présentation de l'opéra "Robert le Diable", Aristide eut une chance extraordinaire de lui présenter son invention récente nommée "Poïkilorgue (orgue varié)". Cet instrument est une sorte de l'Harmonium qui produit un effet de l'expression en adoptant des anches libres et un seul soufflet actionné par une pédale à l'aide d'une autre pédale à comprimer et régler la pression d'air du réservoir enchaîné au soufflet. Un Poïkilorgue se trouve aujourd'hui même dans un
musée privé à Liestal (CH-4410).
Étonné par les intelligence et imagination immenses de jeune Aristide, le célèbre Rossini suggère fortement qu'il monte à Paris avec sa famille. Muni de lettres d'introduction de Rossini adressées à des personnes éminentes, Aristide, son frère ainé Vincent et leur père Dominique, les trois Cavaillé vont y partir en 1833. C'est ainsi qu'ils s'installent aux 11 quai Voltaire, Paris VIIe (près pont du Carrousel). Rencontre de Rossini leur apporta la première chance.

Ils se présentent aux figures importants parisiens dont Cherubini qui se trouvera parmis les membres de la commission du nouvel orgue de l'insigne basilique de St-Denis à annoncer son appel d'offre seulement quelques semaines après l'arrivée des trois provinciaux. Deuxième chance. La décision de construire un nouvel orgue à St-Denis a du attendre pendant 33 ans après le démontage de l'instrumrnt précédent tout comme pour qu'Aristide connaisse cet appel d'offre tout fortuitement au tour de cet édifice prestigieux. Il fit son devis d'un grand instrument inventif et simplement révolutionnaire seulement en quelque jours. Le résultat est là.

La commission jeta son dévolu, devant les concurrences de premier ordre, à ce jeune facteur provincial presque totalement inconnu à ce moment-là, grâce à une grande qualité incontestable de son devis proposé (et peut-être grâce à la connaissance des membres déjà impressionnés par son esprit divin). C'est ainsi que notre moteur symphonique démarre. Avant 1837 il finit les travaux de partie instrumentale en collaboration de son père et son frère, et ils attendirent l'achèvement du buffet confié à l'architecte de l'époque François Debret. Mais l'installation retardée jusqu'en 1839 par les travaux de restauration de la Basilique apporta à Aristide de délai à résoudre un problème sérieux de la dureté insupportable de touches.
Dans cet instrument d'une grande dimention il met toute amélioration radicale mais raisonable de vue providentielle :

- assurer la capacité de soufflerie (la soufflerie Cummins)
- augmenter la pression
- varier la pression d'air fourni aux sommiers
- multiplier les jeux de fonds
- organiser les accouplements des claviers manuels et pédale
- agrandir le Positif (intérieur)
   
Il en résulte que la régistance mécanique et pneumatique de transmission s'accumule énormément à causer une touche dure.
Cette attente lui prépare une rencontre révélée d'un confrère anglais qui nourrit un artifice de réduire la dureté de touche. À l'intuition, Aristide comprit tout l'essentiel de cette invention ingénieuse dès la fin de première explication. Cet artifice est connu à nos jours par le nom baptisé d'après son inventeur Charles Barker.

L'avantage de ce levier pneumatique auxiliaire (machines Barker ou Barker lever) attribue surtout à sa touche aussi agréable (legère) et analogue que celle-ci chez transmission mécanique classique.
Lorsqu'on appuie sur une touche d'un clavier, la force est transmise directement à une soupape d'un moteur correspondante pour qu'elle s'ouvre. Il faut qu'on connaisse que
ce qu'on appelle la "touche", ce soit en effet la résitance d'air qui gêne le mouvement d'ouverture de soupape. Chez machines Barker, c'est la soupape de ce moteur et non celle-ci du sommier qui participe à la touche. Étant plus petite, ce premer (intake valve) donne moin de résitance que la vraie soupape agrandie du sommier pour une raison de consomation importante d'air à fournir. Quant à son efficacité physique et la confiance, elles sont assurées : la force d'appui en provenance du clavier s'augmente facilement grâce à ce moteur (levier) pour qu'elle tire aisément la soupape du sommier. Quelle imagination de Barker ! Et chapeau a l'intuition de Cavaillée-Coll !

Aristide tient à cette transmission mécanique par intermédiaire de machines Barker et il améliore le détail de ce mécanisme toute sa vie.

Deux petits défauts suivants s'améliorent grace aux efforts de plusieurs facteurs :

- une ouverture retardée de soupape au sommier, causée par l'attente de gonflement de machine Barker (mais il y a toujours du retard chez un grand orgue alors cela ne semble pas grave)
- une fermeture lente de soupape au sommier, causée par l'attente d'ouverture de soupape d'échappement de machine qui s'ouvre au vent (c'est tant important que les symphonistes français proposent de détacher le clavier radicalement)
   
C'est ainsi que le grand orgue de St-Denis s'acheve en 1841. Après la naissance de cet opus 1 Cavaillé-Coll, la musique d'orgue en France tire sur la couleur Cavaillé. Il est en effet difficile de trouver un instrument prestigieux non touché par ce facteur (il réalisa plus de 600 instruments d'après le catalogue de Mutin, son successeur).

Dans la page suivante à paraître au mois du novembre prochain à peu près, on discutera sur la fondation de l'école française organistique du 19e siècle.

bibliographie :

  "Cavaillé-Coll" par Claude Noisette de Crauzat, Éd. La Flûte de Pan, 1984.
  "L'Orgue No 48" par Association des Amis de l'Orgue, 1992.
  "Le Grand Orgue Cavaille-Coll de la Basilique de St-Denis (CD)"
par Pierre Pincemaille, Disques Solstice SOCD 116, 1994.
  "Les Grandes Orgues Historiques de St-Roch" par Loïc Métrope, 1994.
 

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Image de cette page :
Orgue Cavaillé-Coll (1841), Basilique de Saint-Denis
Photo prise et préparée par
© 1994 Schoïchiro TOYAMA

Dernière mise à jour le : 04/1/1999
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